Les données sur la représentativité, la représentation des femmes dans les médias sont finalement connues. Le lancement virtuel du rapport mondial de la 7ème édition du Global Media Monitoring Projet (GMMP) s’est déroulé ce 9 décembre 2025. Les partenaires de l’Association mondiale de la communication chrétienne (Wacc) et ceux du GMMP se sont, de tout part, connectés pour prendre des connaissances, des nouvelles tendances révélées par l’étude des médias qui se fait tous les 5 ans depuis la déclaration et le programme d’action de Beijing.
Le rapport mondial du GMMP est une occasion de mieux réguler les médias, de recentrer les perspectives de lutte pour un véritable changement sur la représentativité et la représentation des femmes dans les médias. Pour cette édition 2025, le monitorage des médias s’est fait dans plus de 90 pays, et les données collectées sur 30 000 articles. Aujourd’hui, 41 % des journalistes sont des femmes paradoxalement il est noté un déséquilibre dans le traitement de l’information et dans la représentativité des femmes dans les médias.
« Je ne suis pas vraiment surprise par ces résultats, car les médias sont le miroir de la société et reflètent donc la réalité de notre société » a dit d’emblée Amie Joof., la Directrice exécutive du Réseau Inter Africain pour les femmes, Média, Genre et développement ( FAMEDEV).
FAMEDEV capitalise une expérience dans le déroulé du GMMP. L’ONG coordonne, depuis 2005, les actions du GMMP en Afrique de l’Ouest et du centre. A ce titre, l’honneur est revenu à la Directrice exécutive de FAMEDEV d’analyser les résultats du rapport mondial notamment les résultats du continent africain. Elle a, dans le même sens, défini les recommandations et les perspectives pour une meilleure prise en compte de l’égalité de genre et des chances dans les médias tant pour la représentativité que la représentation des femmes comme des sources et comme sujets de l’actualité.
Un paradoxe qui interpelle
Les résultats du rapport mondial de la 7ème édition du GMMP ont révélé une régression dans la représentativité des femmes dans les médias. En effet, il est noté une augmentation significative du nombre de femmes reporters dans les rédactions, paradoxalement cet accroissement ne s’est pas reflété dans le traitement des sujets et dans la représentativité des femmes dans les instances des médias
« Le changement sur le continent a été très lent, même si le nombre de femmes journalistes a augmenté dans certaines salles de rédaction. Nous savons que cette augmentation n’a pas contribué de manière significative à la visibilité des femmes dans les médias, que ce soit en tant que sujet ou en tant qu’autorité publique, dont la voix peut être entendue notamment dans les domaines de la politique, de la criminalité économique et d’autres sujets d’actualité brûlants, comme le montre le rapport » a expliqué la directrice exécutive de FAMEDEV lors de la présentation du rapport.
Fort de ces constats, Mme Amie Joof a recommandé de revoir la stratégie initialement définie pour instaurer une égalité de sexes dans les médias et pour une meilleure représentation des femmes dans le traitement de l’information.
Selon elle, il est essentiel de « recentrer les efforts sur des approches innovantes qui élimineront toutes les barrières structurelles et institutionnelles » pour créer des « avantages systémiques pour les femmes et les filles ».
L’analyse des points saillants du rapport mondial du GMMP a permis également de constater que l’écart entre les sexes dans les salles de rédaction est plus important en Afrique. En effet, le ratio est de 3 journalistes féminins pour 10 au sein des médias classiques (radio, télévision et presse écrite). Par contre, il est observé une baisse de 4 % entre 2020 et 2025 de la proportion de femme travaillant dans l’information en ligne.
Transformation structurelle
A la suite de son analyse, Mme Amie Joof a appelé les différentes parties prenantes à s’investir sur la transformation structurelles des salles de rédaction, les relations de pouvoir en place, le contrôle éditorial ainsi que le leadership des femmes.
Selon la directrice exécutive de FAMEDEV, il est l’heure de déclencher les changements et d’examiner les politiques mises en place dans les salles de rédaction en matière d’égalité des sexes. Elle a aussi appelé à veiller à l’adoption et à la mise en œuvre de ces politiques dans les salles de rédaction pour plus de progrès dans la représentativité des femmes dans les médias. Famedev a aussi convié à la mise en place d’un fort mécanisme de responsabilité au sein des salles de rédaction. Pour ce faire, il faudrait que les femmessiègent dans les sphères décisionnelles des médias pour parvenir une meilleure inclusion des groupes sous-représentés, des sujets sous représentés et sous-médiatisés.